Sérénade
I. Poldowski
Belle, la lune est si calme:
Pris aux lèvres des naïades,
Le soir dort dans les roseaux,
Et pas même un oiseau
Ne se lève.
Vois languir au long des grèves
L'eau qui rêve.
Les noirs marronniers soupirent où palpite
L'or des étoiles limpides,
Les cascades murmurantes,
Les vagules chuchoteuses, sous les yeuses
Vers la lune se lamentent.
Ententds cette voix charmante:
L'eau qui chante.
Viens, je sais le val des fraises, je te tresse
Un lien de marjolaine... tu te détournes, tu muses
Aux bouquets blancs des sureaux?
Je détache ta ceinture
Et je cueille ton sanglot.
L'eau lascive au loin s'argente
L'eau qui rêve, l'eau qui chante,
L'eau qui fuit sous les roseaux.