Dormeuse

Irène Fuerison

Si l'enfant sommeille,

Il verra l'abeille,

Quand elle aura fait son miel,

Danser entre terre et ciel.

Sie l'enfant repose,

Un ange tout rose,

Que la nuit seule on peut voir,

Viendra lui dire: »bonsoir!«

Si mon enfant m'aime,

Dieu dira lui même:

J'aime cet enfant qui dort:

Qu'on lui porte un rêve d'or.

Mettez lui des aîles,

Comme aux tourterelles

Pour venir dans mon soleil

Danser, danser jusqu'à son réveil.

Fermez ses paupières,

Et sur ses prières,

De mes jardins pleins de fleurs

Faites glisser les couleurs.

Mais je veux qu'il dorme,

Et qu'il se conforme

Au silence des oiseaux

Couchés parmi les roseaux!

Car si l'enfant pleure,

On entendra l'heure

Tinter partout qu'un enfant

A fait ce que Dieu défend.

L'écho de la rue,

Au bruit accourue,

Quand l'heure aura soupiré,

Dira: »d'enfant a pleuré!«

Et sa tendre mère,

Dans sa nuit amère,

Pour son ingrat nourisson

Ne saura plus hélas! de chanson.

Si l'enfant est sage,

Sur son doux visage

La Vierge se penchera,

Et longtemps lui parlera.