Je ne sçay que c'est qu'il me faut

J. Arcadelt

Je ne sçay que c'est qu'il me faut,

Froid ou chaud

Je ne dors plus ny je ne veille

C'est merveille

De me voir sain et langoureux.

Je croy que je suis amoureux.

En quatre jours ne fais pas

Deux repas

Je ne voix ny beuf ny charrue

J'ay la rue

Pour me pourmener nuict et jour.

Je fuis l'hostel et le sejour.

Aussi il m'estoit grand besoin

D'avoir soing

Qui auroit des dances le pris

Je fus pris

Et m'amusay tant à la feste

Qu'encore m'en tourne la teste.

Je ne say ou le mal me tient

Mais il vient

D'avoir dancé avec Catin

Son tetin

Alloit au bransle, maudit soit-je,

Il estoit aussi blanc que nege.

Elle avoit son beau collet mis

De Samis

Son beau surcot rouge et ses manches

Des Dimenches

Un long cordon à petits neuds

Pendant sur ces souliers tous neufs

Je me vy jecter ses yeux vers

De travers

Dont je feis des saut plus de dix

Et luy dis

En luy serrant le petit doi

Catin c'est pour l'amour de toy.

Sur ce point elle me laissa

Et cessa

De faire de moy plus de compte

J'en euz honte

Si grande que pour me cacher

Je feis semblant de me moucher.

Je l'ay veue une fois depuis

A son huis

Et une autre allant au marché

J'ay marché

Cent pas pour lui dire deux mots

Mais elle me tourne le doz.

Si ceste contenance fiere

Dure guere

Adieu grange, adieu labouraige

J'ay couraige

De me voir gendarme un matin

Ou moyen en despit de Catin.