Jenny l'ouvrière

J. Arnaud

Voyez, là-haut, cette pauvre fenêtre,

Où, du printemps, se montrent quelques fleurs!

Parmi ces fleurs, vous verrez apparaître

Une enfant blonde aux plus fraiches couleurs.

C'est le jardin de Jenny, l'ouvrière,

Au cœur content, content de peu;

Elle pourrait être riche et préfère

Ce qui lui vient de Dieu!

Dans son jardin, sous la fleur parfumée,

Entendez-vous un oiseau familier?

Quand elle est triste, oh, cette voix aimée

Par un doux chant suffit pour l'égayer!

C'est le chanteur de Jenny, l'ouvrière,

Au cœur content, content de peu;

Elle pourrait être riche et préfère

Ce qui lui vient de Dieu!

Aux malheureux, souvent, elle abandonne

Ce qu'elle gagne, hélas! un peu de pain!

Qu'un pauvre passe, et, comme elle est si bonne,

En le voyant, elle n'aura plus faim.

C'est le bonheur de Jenny, l'ouvrière,

Au cœur content, content de peu;

Elle pourrait être riche et préfère

Ce qui lui vient de Dieu!