Les illusions
J. Arnaud
Ô mes douces illusions!
Semblables aux feuilles errantes
Sous le souffle des aquilons,
Je vous vois pâles et tremblantes;
Vous allez chercher loin de moi
Les cœurs où refleurit la foi.
Si j'avais, pour voler vers elles,
Des ailes!
Sur le sable ardent des déserts,
Où s'incline la fleur brisée,
Pour rafraichir vos jours amers
Vous cherchez un peu de rosée;
Mais rien ne se montre à vos yeux
Que les rayons brulants des cieux.
Si j'avais, pour voler vers elles,
Des ailes!
Pourquoi si vite m'avoir fui,
Vous que j'aimais et que je pleure;
Quand je succombe sous l'ennui,
Pourquoi déserter ma demeure?
Oh! revenez comme autrefois
Briller et sourire à ma voix!
Si j'avais, pour voler vers elles,
Des ailes!