La harpe brisée
J. Bouval
Ô toi dont les cordes plaintives
Ont souvent, au sein des forêts,
Répété mes douleurs craintives,
Mes espérances, mes regrets!
Ma harpe, ta voix est muette,
Et tes chants bien-aimés sont morts.
Chaque jour mon ame inquiète
En vain rappelle tes accords.
La nuit est froide et le ciel sombre,
Le doux rayon qui m'avait lui,
Qui jadis m'éclairait dans l'ombre,
Avec tes accens s'est enfui.
Toute joie est pour moi tarie,
Et mon cœur long-temps oppressé,
Bientôt, ô ma harpe chérie!
Ainsi que toi sera brisé.