La Valse des feuilles
J. Bovet
Le vent d'automne passe,
Emportant à la fois
Les oiseaux dans l'espace,
Les feuilles dans les bois.
Jours tièdes, brises molles,
Pour longtemps sont chassés
Valsez comme des folles,
Pauvres feuilles, valsez.
Sur les marges des routes,
Au midi comme au nord,
Voyez-les valser toutes
Cette valse de mort.
Le vent qui les invite
Jamais n'en trouve assez:
Tournez, tournez plus vite,
Pauvres feuilles, valsez.
Oui, toute feuille tombe,
Ormeau, chêne ou tilleul;
Tout homme est à la tombe,
L'enfant come l'aïeul.
Les rêves de ce monde
Sont bientôt effacés:
Poursuivez votre ronde,
Pauvres feuilles, valsez.