A Ida

J. Cornelius II

Ce qui me plaît en toi, ce que j'admire et j'aime,

Ce ne sont pas, Ida, tes seize ans, ta fraîcheur.

Ce n'est pas ton œil noir qui d'un amour extrême

A su remplir mon cœur.

Ce ne sont pas non plus tes longs cheveux d'ébène,

Ni même ton corps souple aux gracieux contours;

Ni tes pieds si mignons, ni ton maintien de reine

Ni tes riches atours.

Mais c'est cette vertu qui s'oppose sans crainte

Aux volontés d'un cœur impudique et vénal,

Cette douce candeur, cette innocence empreinte

Sur ton front virginal.

C'est ce pur sentiment que ton âme angélique

Puise du sein d'un Dieu qui t'a donné la foi:

C'est cet accent divin de ta voix poétique

Pour défendre sa loi.

Oui, ce sont ces attraits, Ida, je te le jure,

Qui ravissent mon cœur et m'inspirent ces chants;

Que l'écho qui vers toi les porte, vierge pure,

Les redise longtemps!