À un ami qui m'accusait de plagiat
J. Cornelius II
Quoi, mon ami doute de toi, ma muse,
Ah! viens t'unir encore à mon ardeur
Pour lui prouver que jamais à la ruse
Je ne voudrais devoir le nom d'auteur.
À mériter ce nom je ne m'applique,
Il est bien vrai, je le dis sur ma foi;
Mais seulement ici je revendique
Quelques couplets qui sont vraiment de moi.
St. Léon, quoi, toi dont l'âme est si bonne,
Tu viens me dire avec un air malin,
Que ces couplets sont d'une autre personne
Et que j'ai fait un indigne larcin.
Pour me railler en vain ta voix rustique
Du dieu des vers invoquera la loi.
Mais revenons, ici, je revendique
Quelques couplets qui sont vraiment de moi.
Il est passé, St. Léon, ce bel âge
Où tu faisais notre admiration.
Avec ce temps a fui ton doux langage;
Tu n'as gardé que ta présomption.
De ranimer ton ardeur poétique
St. Léon cesse, elle est morte chez toi.
Mais revenons, ici, je revendique
Quelques couplets qui sont vraiment de moi.