L'anneau
J. de la Presle
Comme après l'hiver sombre, angoissant, désolé,
Le printemps, jeune et frais, à nouveau peut sourire,
Comme après le brouillard le ciel s'est étoilé,
Comme après l'aquilon la brise encor soupire.
Ainsi d'un dur exil notre amour accablé,
De son aile brisée a refondu la cire,
Et trace dans l'air pur le disque enspiralé
Du tourbillonnement de l'éternel délire.
Sans rancœur à ton doigt met ce modeste anneau:
Ce n'est point en hommage et moins en vain cadeau
- qui connait ta fierté devient fou s'il s'y risque –
Non, regarde le bien et devine à présent
Que c'est un cercle fin par un soir caressant
Tout naturellement tombé du sacré disque.