Mon dieu, mon dieu, que j’ayme ma Déesse

J. de Maletty

Mon dieu, mon dieu, que j'ayme ma Déesse

Et les vertus qui l'eslevent aux cieux!

Mon dieu, mon dieu, que j'ayme ses beaux yeux

Dont l'un m'est doux, l'autre plain de rudesse.

Mon dieu, mon dieu, que j'ayme la sagesse

De ses propos qui raviroient les Dieux,

Et la douceur de son ris gratieux

Qui me remplit d'une heureuse alegresse.

Mon dieu, que j'ayme à l'oüir deviser

Et tout ravy baiser et rebaiser

Sa blanche main alors qu'elle n'y pense!

Mais ô Baif doy-je pas bien aymer

Le rare esprit qui la fait estimer

Mesme de ceux qui n'ont sa cognoissance.