Plainte à Hortence

J. Fabry-Garat

Quoi tu me quittes tout un jour:

Comment supporter ton absence?

Ah, c'est un an pour mon amour,

C'est un siècle pour ma souffrance.

Tout me semble me défaillir,

Le bonheur, l'existence même:

Il ne faut qu'un jour pour vieillir

Quand on est loin de ce qu'on aime.

Tout me fera frémir pour toi:

Loin de moi qui peut te défendre?

Je craindrai même pour toi:

Je te connais un coeur si tendre.

Dieux! que de tourments à souffrir

Un jour entier; ô peine extrême.

Ma chère Hortence, il faut mourir

Quand on est loin de ce qu'on aime.