Ah! viens

J. Hubay

Ah! viens, ne songe plus à l'éclair des armures;

De la soif des combats, guéris-toi pour toujours,

Mes bras vont t'enlacer, et sous les treilles mûres,

Te feront un sommeil plein de rêves, rêves d'amours.

Les bois te baiseront le front de leurs ramures,

Les fleurs te baiseront les pieds de leurs velours.

Les brises uniront leurs magiques murmures

Pour te faire un sommeil léger sous les cieux lourds.

Et la nature entière, avec ses voix troublantes,

Te dira d'oublier les jour aventureux,

Le tumulte des camps aux gaîtés turbulentes.

Les matins irisés et les soirs vaporeux

Vont pénétrer ton coeur de leurs clartés tremblantes.

Le silence des bois va te rendre peureux.