Chante quelque vieille ballade

J. Hubay

Chante quelque vieille ballade

Où pleure un pauvre cœur, malade

De délicieux mal d'amour.

Et cette moelleux eurythmie

M'emplira l'âme d'accalmie

Et me bercera tout le jour

Chante quelque vieille romance.

Où pleure une douce démence

Et languissamment à mi-voix.

D'une grande et lointaine époque,

Ainsi qu'une ombre pâle, évoque

Quelque triste amour d'autrefois

Quelque amour si désespérée.

Que pour toujours on l'ait pleurée

Si profonde qu'on en soit mort.

Et que dans ces douleurs anciennes

S'assoupissent enfin les miennes

Comme un enfant qu'un chant endort.

Chante donc la chanson amie

qui m'emplit l'âme d'accalmie

Et dont je rêve tout le jour.

Chante la vieille ballade

Où pleure un pauvre cœur malade

comme le mien du mal d'amour.