Tableau gothique
J. Jongen
Tu me sembles parfois la madone
Trônant sous un arceau gothique
Au tableau d'un vieux maître.
Dans l'éclat des émaux et de l'or rayonnant.
Où la foi primitive aimait la voir paraître.
Du ciel bleu qui surplombe un horizon champêtre
De frêles séraphins sont descendus,
Traînant leur robes de pur lin.
Et planent en chantonnant
Les airs dont on endort l'enfant qui vient de naître.
Et tandis que partout se répand le reflet
Des cœurs pieux que la divine ardeur embrase,
Pareil au donateur roulant un chapelet,
Humblement à genoux dans un coin du volet,
T'enveloppant d'amour ainsi que d'une gaze,
Ravi je te contemple et je reste en extase.