Aube païenne

Massenet, Jules

Quand de mon tertre en fleur, sous les feux du matin,

Je vois scintiller ta fenêtre,

Comme un astre tombé d'un firmament lointain,

Le jour se lève dans mon être!

Et mon cœur plein d'amour reçoit tous les rayons

Que reflètent tes vitres closes,

Tandis qu'autour de moi monteint, des lourds silence,

La douce et grande voix des choses!

Masi déjà, dans la nuit, tu voyais luire en toi

L'heure claire qui me ramène,

L'heure où noter baiser abrite, comme un toit,

La seule belle joie humaine!

Alors vers toi je cours, fou, le cœur anxieux,

Brûlant du feu qui le dévore,

Afin de posséder tout le ciel dans tes yeux

Et sur ma poitrine, l'aurore!