Fourvières
Massenet, Jules
Dans la brume rêveuse où dort
L'âme des vœux et des prières,
Ainsi qu'un ostensoir,
Fourvières
Lève aux cieux sa Vierge d'or.
La voix des blanches litanies
S'émplore aux pieds divins; l'encens,
Parmi les images bénies,
Flotte en parfums reconnaissants.
Vierge, la candeur des vieux âges
Fleurit votre simple maison:
N'y voit-on pas en oraison,
A genoux, mains jointes, les Mages.
Jusqu'à vous, du fond des quartiers,
Tel un vague frôlement d'ailes,
Le bruissement des métiers
Murmure ses hymnes fidèles.
Ah! Que sur la vieille cité,
Où survit encor la prière,
Votre sourire de bonté
Verse éternellement sa mystique lumière!
Vierge, source de tous les dons,
Que sur notre âme pécheresse,
De vos si douces mains, d'où plane une caresse,
Neige éternellement la manne des pardons!