Hymne d'amour

Massenet, Jules

Comme un lierre grimpant s'enlace autour du chêne

L'Amour s'est emparé de moi; maître vainqueur,

Il m'étreint à jamais d'une invincible chaîne,

Et son hymne éternel s'élance de mon cœur.

L'amour est un rêve où se berce l'âme

Comme en un murmure assoupi de lame

Qui chante en léchant le rivage d'or.

C'est un songe exquis qu'un baiser achève,

Où l'être s'oublie, où le cœur s'endort.

L'amour, l'amour, c'est le rêve!

L'Amour, c'est la joie, et c'est la souffrance:

Le frisson divin, ou l'affreuse transe

De la jalousie aux griffes de fer;

Ivresse, désir, tourment, espérance,

Paradis tout bleu, misérable enfer,

L'Amour, l'Amour, c'est la joie!

(avec élan)

La joie (lentement et douloureusement) et c'est la souffrance.

L'Amour, c'est la Vie, et toute la terre

Palpite et frémit, en proie au mystère

Qui la fait vibrer dans l'éternité.

La lèvre se pâme ardente, ravie

Au baiser brûlant de l'Humanité.

L'Amour, l'Amour, c'est la vie!

C'est l'amour!