L'heureuse souffrance

Massenet, Jules

Cœur, va vite, pauvre cœur,

Va vers celuy que j'adore.

Et luy dis de quelle ardeur

Je brusle

Et que je l'implore.

Dis-luy comme nuiet et jour

Si loin de luy je souspire,

Dis-luy que pour son amour

Je nay que peine et martyre.

Dis-luy comme sans repos,

Eternellement je pleure,

dis-luy comme à tout propos

Me lamente d'heure en heure.

Mais, entre tant de rigueurs,

Tant de peines, tant d'alarmes,

tant de soupirs, tant d'ardeurs,

Tant detrespas, tant de larmes,

Dis-luy que si quelquefois

Il a de moy souvenance

Je suis encor mille fois

Trop heureuse en ma souffrance!

(tendre et douloureux)

Hélas!...