Les Oiselets

Massenet, Jules

Sous le brouillard léger que soulève l'aurore

Le bois, tout embaumé, semble dormir encore.

Loin des regrets jaloux nous sommes seul tous deux,

Et je sens dans mon cœur frissonner les aveux.

Ne crains rien! les oiseaux peuvent seuls nous entendre...

Ma Mie, écoute-les! Moi, je sais les comprendre...

Ils disent dans leurs chants harmonieux et doux,

Qu'ils sont heureux, légers et joyeux comme nous,

Ils sont heureux, légers, joyeux, comme nous!

Que laissant son manteau de froidure et de pluie,

Le ciel s'est vêtu de riche broderie,

Du soleil de printemps resplendissant et beau;

Écoute-les, écoutez-les; Ils disent dans leurs chants harmonieux et doux

Qu'ils sont heureux, léger et joyeux comme nous...

Ils sont heureux, léger, joyeux

Les oiselets!

Ils disent: Que les cœurs ont aussi leur joyeux renouveau,

Leur printemps, leur saison joie et de tendresse,

Saison tout embaumée où l'on sent une ivresse

Inconnue... un émoi qu'on ne peut définir

Vous monter doucement à l'âme.

Y venir réveiller la pensée endormie.

Voilà sans rien mentir, Ô ma charmante mie,

Tout ce qu'en voltigeant à travers leur palais

de verdure et de fleurs... Disent les oiselets!

Ils disent dans leurs chants harmonieux et doux

Qu'ils sont heureux, légers, et joyeux comme nous,

Ils sont heureux, légers, joyeux, les oiselets!