Orphelines

Massenet, Jules

Elles marchent deux par deux,

D'abord les toutes petites

Aux pas très anxieux,

Celles des rubans myrthes.

Puis d'un air plus dégagé,

Ayant déjà moins d'embarras,

Les moyennes, maintien assuré,

Celles des rubans nacarats.

Enfin, les grandes, rubans bleus,

O certes, pas plus malines,

Aux regards couleur des cieux,

Les trois classes des orphelines.

Ah! plaignez, âmes généreuses,

Plaignez, seules sur terre et sans armes,

Ces délaissées, ces douloureuses,

Orphelines pauvres vouées aux larmes!