Pensée d'automne

Massenet, Jules

L'an fuit vers son déclin, comme un ruisseau qui passe,

Emportant du couchant les fuyantes clartés;

Et pareil à celui des oiseaux attristés,

Le vol des souvenirs s'allanguit dans l'espace.

L'an fuit vers son déclin, comme un ruisseau qui passe.

Un peu d'âme erre encore aux calices défunts

Des lent volubilis et des roses trémières,

Et vers le firmament des lointaines lumières,

Un rêve monte encore sur l'aile des parfums.

Un peu d'âme erre encore aux calices défunts.

Une chanson d'adieu sort des sources troublées;

S'il vous plaît, mon amour, reprenons le chemin

Où tous deux, au printemps, et la main dans la main,

Nous suivions le caprice odorant des allées;

Une chanson d'adieu sort des sources troublées!

Une chanson d'amour sort de mon coeur fervent

Qu'un avril éternel a fleuri de jeunesse.

Que meurent les beaux jours! Que l'âpre hiver renaisse!

Comme un hymne joyeux dans le plainte du vent,

Une chanson d'amour sort de mon coeur fervent!

Une chanson d'amour vers ta beauté sacrée,

Femme, immortel été! Femme, immortel printemps!

Soeur de l'étoile en feu qui, par les cieux flottants,

Verse en toute saison, sa lumière dorée,

Une chanson d'amour vers ta beauté sacrée.

Femme, immortel éte! Femme, immortel printemps!