Sonnet

Massenet, Jules

Les grands bois s'éveillaient, il faisait jour à peine

Dans le feuillage vert les oiseaux enchantés,

Célébraient du matin les premières clartés;

Et moi, j'étais assis pensif au pied d'un chêne.

Malgré le doux printemps, mon âme était en peine;

Je l'attendais. Soudain... des pas précipités

Foulérent le gazon... ivres de voluptés

Dans un tendre baiser se mêla notre haleine...

Enserrant dans mes bras ce corps souple et si beau,

Mon cœur contre le sien en étouffa la plainte;

Et sa main me rendit étreinte pour étreinte!

Le taillis nous couvrit de son épais manteau.

Le soleil se voila, les étoiles pâlirent,

La terre disparut... et les cieux s'entr'ouvrirent!