Rends-moi mon âme
Offenbach, Jacques
Ma vie était semblable au lac tranquille et pur
Qui reflète du jour le nuage et l'azur,
les autres dont la nuit scintelle,
Et je ne sais sur moi quelle haleine a soufflé,
mais dans ses profondeurs tout mon être est troublé.
Rends-moi mon âme jeune fille.
Ma lèvre souriait des larmes des amours,
Je marchais le front haut,
comme l'on a toujours
Marché dans ma pauvre famille,
Et maintenant mon oeil est humide et reveur,
Ma tête tristement se penche sur mon cœur.
Astre consolateur de mes sombres ennuis,
Ton image charmante illumine mes nuits
Du doux éclat dont elle brille;
Mais le réveil me voit triste et dépossédé,
Pleurer comme un enfant sur mon lit accoudé
Rends-moi mon âme jeune fille.