À son page

Jacques Leguerney

Fais rafraîchir mon vin de sorte

qu'il passe en froideur un glaçon;

fais venir Jeanne, qu'elle apporte

son luth pour dire une chanson;

nous ballerons tous trois au son,

et dis à Barbe qu'elle vienne,

les cheveux tors à la façon

d'une folâtre Italienne.

Ne vois-tu que le jour se passe?

Je ne vis point au lendemain;

Page, reverse dans ma tasse,

que ce grand verre soit tout plein.

Maudit soit qui languit en vain!

Ces vieux médicins je n'appreuve;

mon cerveau n'est jamais bien sain

si beaucoup de vin ne l'abreuve.