La Maison du matin

Jane Fonssagrives

La maison du matin rit au bord de la mer,

La maison blanche au toit de tuiles rose clair.

Derrière un pâle écran de frêle mousseline

Le soleil luit voilé comme une perle fine;

Et, du haut des rochers redoutés du marin,

Tout l'espace frissonne au vent frais du matin.

Lyda, debout au seuil que la vigne décore,

Un enfant sur ses bras, sourit, grave, à l'aurore,

Et laisse, en regardant au large, le vent fou

Dénouer ses cheveux mal fixés sur son cou.

Par l'escalier du ciel l'enfantine journée

Descend, légère et blanche, et de fleurs couronnée,

Et, pour mieux l'accueillir, la mer au sein changeant

Scintille à l'horizon, toute vive d'argent...

Mais déjà les enfants s'échappent; vers la plage

Ils courent, mi-vêtus, chercher le coquillage.

En vain Lyda les gronde: énivrés du ciel clair,

Leur rire de cristal s'éparpille dans l'air…..

La maison du matin rit au bord de la mer.