O Pucelle plus tendre
Jean de Castro
O Pucelle plus tendre
Qu'un beau bouton vermeil,
Que le rosier engendre
Au lever du soleil,
Et si faict au matin
Tout l'honneur du jardin.
Serrés mon col maistresse,
De vos deus bras pliés,
D'un neud qui fort me presse
Doucement me liés,
Un baiser mutuel
Nous soit perpetuel.
Ne le tems, ne l'envie
D'autre amour desirer
Ne pourra point ma vie
De voz levres tirer:
Ains serrez demourrons,
Et baisant nous mourrons.
Amour par les fleurettes
Du printems eternel,
Voirra noz amourettes
Sous le boys maternel,
Là nous sçaurons combien
Les amans ont de bien.
Parmy la grand' espace
De ce berger heureux
Nous aurons tous deux place
Entre les amoureux
Et comme eux, sans soucy,
Nous aymerons aussi.
Nulle Nymphe ancienne
Ne se despitera,
Quand de la place sienne
Pour nous el' l'ostera
Non celles dont les yeux
Prindrent le cœur des dieux.