Se peut-il qu'une larme vienne
(Johann Gottfried) Heinrich Bellermann
Se peut-il qu'une larme vienne
Obscurcir encore mon regard?
La pauvrette arrive en retard:
C'est déjà de l'histoire ancienne.
Que de soeurs elle eut autrefois!
Maintenant qui se souvient d'elles?
Mon amour a fermé ses ailes
Et le vent a couvert sa voix
Comme flotte au ciel une brume
Sans ternir son azur vainqueur,
Peine et joie au fond de mon coeur
N'ont jamais laissé d'amertume.
Pauvre larme, ô dernier adieu
De l'amour des jeunes années,
Le soleil a bu tes ainées:
Rejoins-les dans le grand ciel bleu.