L'esclave

Klaus Miehling

Captive et peut-être oubliée,

Je songe à mes jeunes amours,

À mes beaux jours,

Et par la fenêtre grillée

Je regarde l'oiseau joyeux

Fendant les cieux.

Douce et pâle consolatrice,

Espérance, rayon d'en haut,

Dans mon cachot

Fais-moi, sous ta clarté propice,

À ton miroir faux et charmant

Voir mon amant!

Auprès de lui, belle Espérance,

Porte-moi sur tes ailes d'or,

S'il m'aime encor,

Et, pour endormir ma souffrance,

Suspends mon âme sur son cœur

Comme une fleur!