André Vésale

L. Abadie

Dans un caveau sur ma table de pierre

J'ai de la mort compulsé les secrets.

J'ai de mes mains profané la matière,

Et maintenant j'éprouve des regrets.

Par mon travail si de l'anatomie

J'ai découvert et promulgué la loi:

Si j'ai cherché les sources de la vie,

Pardonnez-moi, mon Dieu, pardonnez-moi!

Ils m'ont banni sur la terre de Zante,

Ils m'ont traité d'impie et d'imposteur;

Et j'ai dû tendre une main suppliante,

Car sur mon front plane le noir malheur!

Mais l'avenir, qui devant moi rayonne,

A ranimé mon courage et ma foi;

Si j'ai rêvé du martyr la couronne,

Pardonnez-moi, mon Dieu, pardonnez-moi!

J'aurais voulu calmer chaque souffrance,

Venir en aide à notre humanité,

Malgré l'exil, cependant, la science

Se répandra dans la postérité!

A mon pays, quoi qu'ingrat, je signale

Mes longs travaux, c'est mon bien, c'est mon droit.

Si j'illustrai le nom d'André Vésale,

Pardonnez-moi, mon Dieu, pardonnez-moi!