Ma bien aimée
L. Boëllmann
Ma bien-aimée est une enfant,
Une enfant aux yeux de pervenche,
Dont le jeune cœur triomphant
Semble un oiseau sur une branche.
Ma bien-aimée est un oiseau,
Un oiseau dont l'aile est légère,
Qui se berce sur un roseau,
Puis vole et fuit dans la lumière.
Ma bien-aimée au regard clair
Sans doute eut pour mère ou marraine,
Régnant aux grottes de la mer,
Folle et fantasque, une sirène:
Ses lèvres au pays natal
Auront pris le babil des vagues,
Et dans les palais de cristal
Auront fleuri ses grands yeux vagues.
Ma bien-aimée a dans sa voix
Claire, limpide, sans pareille,
Des sons rappelant dans les bois
Les bruits de l'aube qui s'éveille;
Et le charme étrange est si doux
De cette voix pleine d'aurore,
Qu'en l'écoutant à tes genoux
Je deviens pâle et je t'adore.