Contemplation

L. d'Autezac

Laisse-moi contempler tes yeux de rêve

Plus dune aube, ô Djénane, en leur ombre se lève:

L'aube du jour naissant, quand l'orient vermeil

S'éveille sous l'ardeur des baisers du soleil;

L'aube du soir, à Theure où vont prendre l'essor

Les constellations aux blondes ailes d'or

Tes yeux sont les beaux lacs ou mon amour se mire

Une musique s'en dégage, et l'on dirait

Qu'une flûte divoire indolemment soupire

Près d'une source claire au fond de la forêt.

Tes yeux sont les beaux lacs ou le bleu crépuscule

Reflète en souriant ses lointains vaporeux,

Et les fins battements de tes longs cils ombreux

Ont le frisson léger d'un vol de libellule.

Oh! laisse-moi cacher le secret de mon coeur

Tandis que l'heure fuit, inexorable et breve,

Dans tes yeux ou palpite une étrange langueur.

Laisse moi longuement baiser tes yeux de rêve