Les animaux de Grandville

Delibes, Léo

Chorus

On voit dans BUFFON dans CUVIER

Tous les animaux par famille,

Mais avec les gens chez GRANDVILLE,

Ils ont un rapport singulier.

Chantons ces images parfaites!

Chantons tous ces originaux

Qui souvent surpassent les bêtes

Par leur mérite ou leurs défauts!

Le LION, à large crinière,

Sert de modèle aux élégants;

Le TIGRE ardent et la PANTHERE

Ont la cruauté des tyrans.

Le LIMIER, alerte et rapide,

Nous poursuit tout comme un huissier;

Et l'usurier, toujours avide,

A le coeur d'un vrai LOUP-CERVIER.

Comme un CHAT plus d'un ténor chante;

Le SINGE a l'air d'un vieux danseur,

Le RAT-BLANC c'est la figurante,

L'OURS, mal léché, certain autheur.

Parmi la foule volatile

Que de gens dont on voit les traits!

Là, c'est le PIGEON trop docile,

Ici, d'ennuyeux PERROQUETS.

L'AIGLE a l'air d'un vieux de l'empire,

Le jaloux ressemble au COUCOU,

L'anarchiste au sombre VAMPIRE

Et l'envieux au noir HIBOU.

Le VAUTOUR est un égoïste,

L'orgeuilleux est fier comme un PAON,

Le CANARD c'est le journaliste,

L'homme heureux c'est le MERLE BLANC. (

Chorus

La SAUTERELLE est écuyère;

Le GOBE MOUCHE est grand flâneur;

Le GOUJON est actionnaire

Et le MERLAN mauvais coiffeur.

Le SERPENT est chantre d'église;

Le LIMAÇON suisse ou portier;

Et la MOUCHE, en des filets prise,

Le débiteur d'un usurier.

Qui dit médicin, dit SANGSUE,

Qui dit LEZARD, dit freluquet;

Qui dit employé, dit TORTUE,

Qui dit REQUIN, dit peu gourmet.

Pour terminer cette revue

Réservons, en types flatteurs.

La DEMOISELLE à l'ingénue;

Le RAMIER à maints voyageurs.

Donnons la COLOMBE au novice;

L'ABEILLE au bon ouvrier;

La FAUVETTE à la cantatrice,

Et l'HIRONDELLE au prisonnier.

Offrons enfin l'AGNEAU fidèle,

Ou bien le CYGNE à la beauté;

Aux bons époux la TOURTERELLE

Et le CANICHE à l'amitié. (

Chorus