Violettes

L. Denza

Sous la feuille sèche et rouillée

Q'emporte le vent automnal,

Elle s'ouvre pâle et mouillée

Des pleurs du brouillard matinal.

Un parfum triste et doux s'épanche

De la mélancolique fleur;

La main qui vers elle se penche

Est parfois lente et sans chaleur.

Pauvres et chères violettes,

Ceux qui vous béniront toujours

Sont les amantes et les poëtes.

Souvenir vivant des beaux jours,

Comme vous allez droit à l'âme

Qu'emplit le seul nom d'une femme!