Sonnet à un enfant
L. Durosoir
Toi qui rêves toujours, ne parlant pas encore,
Petit enfant royal, par le bleu de tes yeux,
Vois-tu la flamme orientale de l'aurore
Qui se lève sur ton sommeil silencieux?
Vois-tu toute la mer périlleuse et joyeuse?
De lourdes visions émergent de brouillards
À travers les lueurs d'une lune frileuse
Et de grands cavaliers portent des étendards.
Si dans la nuit, ou dans le jour, lorsque tu rêves,
Tu vois le ciel doré, si tu vois cette mer,
Aux heures des douleurs tes douleurs seront brèves
Quand la vie aura fait ton esprit plus amer,
Tu te rappelleras ces fantômes magiques,
Pour t'endormir au souvenir de leurs musiques.