Amour

L. Mawet

Car vraiment j'ai souffert beaucoup!

Débusqué, traqué comme un loup

Qui n'en peut plus d'errer en chasse

Du bon repos, du sûr abri,

Et qui fait des bonds de cabri

Sous les coups de toute une race.

La Haine et l'Envie et l'Argent,

Bons limiers au flair diligent.

M'entourent, me serrent. Ça dure

Depuis des jours, depuis des mois,

Depuis des ans! Dîner d'émois,

Souper d'effrois, pitance dure!

Mais, dans l'horreur du bois natal,

Voici le Lévrier fCar vraiment j'ai souffert beaucoup!

Débusqué, traqué comme un loup

Qui n'en peut plus d'errer en chasse

Du bon repos, du sûr abri,

Et qui fait des bonds de cabri

Sous les coups de toute une race.

La Haine et l'Envie et l'Argent,

Bons limiers au flair diligent.

M'entourent, me serrent. Ça dure

Depuis des jours, depuis des mois,

Depuis des ans! Dîner d'émois,

Souper d'effrois, pitance dure!

Mais, dans l'horreur du bois natal,

Voici le Lévrier fatal,

La Mort. -- Ah! la bête et la brute! -

Plus qu'à moitié mort, moi, la Mort

Pose sur moi sa patte et mord

Ce cœur, sans achever la lutte

Et je reste sanglant, tirant

Mes pas saignants vers le torrent

Qui hurle à travers mon bois chaste.

Laissez-moi mourir au moins, vous,

Mes frères pour de bon, les Loups! --

Que ma sœur, la Femme, dévaste.atal,

La Mort. -- Ah! la bête et la brute! -

Plus qu'à moitié mort, moi, la Mort

Pose sur moi sa patte et mord

Ce cœur, sans achever la lutte

Et je reste sanglant, tirant

Mes pas saignants vers le torrent

Qui hurle à travers mon bois chaste.

Laissez-moi mourir au moins, vous,

Mes frères pour de bon, les Loups! --

Que ma sœur, la Femme, dévaste.