Solitaire et pensif

L. Michielsen

Solitaire et pensif j'irai sur les chemins,

Sous le ciel sans chaleur que la joie abandonne,

Et, le coeur plein d'amour, je prendrai dans mes mains

Au pied des peupliers les feuilles de l'automne.

J'écouterai la brise et le cri des oiseaux

Qui volent par les champs où déjà la nuit tombe.

Dans la morne prairie, au bord des tristes eaux,

Longtemps je veux songer à la vie, à la tombe.

L'air glacé fixera les nuages transis,

Et le couchant mourra doucement dans la brume.

Alors, las de marcher, sur quelque borne assis,

Tranquille, je romprai le pain de l'amertume.