Ironie d'avril

L. Sinigaglia

Le rossignol chante. C'est triste

d'entendre les oiseux chanter

quand on voit fuir à l'improviste

le bonheur qu'on allait goûter.

Les fleures s'entrouvrent. Cela poigne

de voir toutes les fleures s'ouvrir

quand la seule fleure qu'on soigne

ne reussit pas à fleurir.

Le ciel rayonne. Cela navre,

ce grand ciel bleu comme l'espoir

quand le coeur va sans port ni hâvre,

vaisseau perdu sous le ciel noir.

Le printemps sourit. Cela brise

de voir partout la floraison

quand l'âme, par l'adieu surprise,

se meurt de froid dans sa prison.