Seuil de la vrai jeunesse

L. Spena

Seuil de la vraie jeunesse,

Porche du paradis,

De nouvelle allégresse

Mon âme est étourdie...

Seigneur! augmentez mon ivresse.

Aplanissez l'espace

Qui sépare de Vous

Mon âme en sa disgrâce

Qui se souvient de Vous...

Seigneur! aggravez mon extase.

Sable aride où s'imprime

La trace du pied nu,

Mon poème ingénu

N'élude pas la rime.

Ivre d'insouciance

Et d'oubli du passé,

Sur des flots cadencés

Mon âme se balance.

Quand rit l'arbuste riche

De ses premières fleurs,

Dans le vieux chêne en pleurs

Un peuple d'oiseaux niche.

Agitez les feuillages,

Rires, rythmes divins!

J'ai goûté d'un breuvage

Plus puissant que le vin.

O trop claire lumière,

Transperce mes paupières!

Ta vérité, Seigneur,

M'a blessé jusqu'au cœur.