Les roses blanches de la lune
L. Vierne
Son dernier bruit flûtant en un râle léger,
Le jour se meurt, regards éteints, face jaunie;
Et bientôt, pour fleurir sa lyrique agonie,
Les roses blanches de la lune vont neiger.
Ô Lune, ce n'est pas avec des mains brutales,
Mais d'un geste pieux rythmé par la douceur,
Que tu fais, pâle sous ta cornette de soeur,
Choir cette neige lente en vaporeux pétales.
Aussi le moribond n'en est-il pas transi.
Il lui semble, tandis que sur lui tu te penches,
Se fondre exquisement dans des ténèbres blanches.
Puisse mon jour suprême agoniser ainsi!
Contre la noire Mort je serai sans rancune,
Si parmi les blancheurs je me sens emporté,
Dans un linceul tissu de paix et de clarté,
Par la neige des roses blanches de la Lune.