À un berceau

Louis-Étienne-Ernest Rey

Que Dieu, notre souverain maître,

Eloigne tout péril

Du bel enfant qui vient de naître

Parmi les fleurs d'avril.

Quand les nids sont encore vides,

Les nids où soupire l'oiseau

Mère, je vois tes yeux avides

Rester fixés sur ton berceau;

C'est que dans ce berceau repose

Le nouveau né, le bien-aimé,

Son œil est bleu, sa levre est rose,

Son petit souffle est embaumé.

Tout célèbre ta bienvenue enfant,

Eclos sous les baisers,

Le printemps empourpre la mue

Et verdit les sommets boisés;

Il vide ses pleines corbeilles,

Et ses trésors les plus secrets;

Sur les près épand les abeilles

Et les oiseaux sur la forêt.

La main du Seigneur est ouverte,

Et tous ses dons ont ruisselé;

Sur les côteaux la vigne est verte,

La plaine voit fleurir le blé.

Enfant, que ton âme bénie

Reçoive ainsi les dons de Dieu,

Que ton front couve le génie,

Ton cœur l'amour et autre feu.

Que Dieu, notre souverain maître,

Eloigne tout péril

Du bel enfant qui vient de naître

Parmi les fleurs d'avril.