Elève-toi, mon âme
M. Bonis
Comme l'aigle blessé, s'élance dans l'espace
Sans souci de la flèche attachée à son flanc,
Et bravant les regards qui cherchent sa trace,
Verse à travers l'éther la pourpre de son sang...
Elève-toi, mon âme! et laisse ta blessure
Ouverte à la douleur qui la vient aviver
Plus profonde est la plaie, et plus nous semble pure
L'indicible douceur de l'éternel rêver!
Va! franchis les sommets où l'aigle altier succombe,
Et de son mal gardant l'impassible orgueil,
Comme l'aigle, ô mon âme! Choisis une tombe
Grande ainsi que ton deuil!