Madrigal
M. Bonis
Belle, vous qui passez,
Vos jolis yeux baissés,
Rayonnante et si douce,
Dans les sentiers charmants
Brodés de leurs des champs,
Et tapissés de mousses.
Si nous étions les roses,
nous vous appellerions,
Et nous nous pencherions,
À travers le chemin,
Pour toucher votre main,
De nos pétales roses.
Ah! si j'étais l'oiseau
Caché dans le rameau
De l'épais sycomore,
Pour vous je chanterais,
Et quand le soir viendrait,
Je chanterais encore.
Belle, si nous étions
Les zéphyrs vagabonds
Dont l'essaim vole et passe,
nous irions recueillir,
Pour vous en rafraîchir,
Les senteurs de l'espace.
Si nous étions, des cieux,
Les angelots joyeux
aux faces de lumières,
nos cœurs seraient jaloux
Qu'un trésor tel que vous
Daignât briller sur terre,
Déployant notre essor
Vers le plus pur trésor,
Que notre ciel réclame.
nous viendrions la nuit
Vous emporter sans bruit
sur nos ailes de lamme.
Belle, vous qui passez,
Vos jolis yeux baissés,
En nos heures trop brèves,
Pour embaumer nos jours,
Passez, passez toujours
au chemin de nos rêves.