Sauvez-moi
M. Bonis
Sauvez-moi de l'amour, taillis où je m'enfonce
Églantier épineux qui déchire mes doigts
Baisers sauvages de la ronce,
Insectes altérés et cruels de nos bois.
Plus de vains rêves, plus de saintes fiançailles,
Je me suis trop créé de stériles douleurs.
Dans les ténèbres des broussailles
J'oublierai l'île vierge et ses plaines de fleurs.
Ah! Comment croire encore au songe magnifique
Car le brutal enfant vient de me ressaisir
Et sa vision séraphique
s'évanouit au souffle ardent de mon désir.