Pâques fleuries

M. d'Ollone

Eau claire des sources taries,

Arome des lilas défunts,

Chantez, sources! Volez, parfums!

-- C'est le jour de Pâques fleuries.

Et, dans la païenne cité,

Un souffle de Panathénées

Met, sur les têtes prosternées,

Un frisson de bois agité.

Dans l'air d'encens et de cinname

Où passe l hymne des élus,

Seuls, ne refrémirez-vous plus,

Rameaux défleuris de mon âme?

Délices d'un cœur ingénu,

Heureux ceux qui, sous leurs cieux calmes,

Passent en agitant des palmes,

Vers un Idéal inconnu;

Dont l'inguérissable jeunesse,

Malgré l'apre réalité,

Rêve d'un Dieu clément monté

Sur le dos poudreux d'une ânesse!

-- Moi, dans la païenne cité,

Au souffle des Panathénées,

Remontant le cours des années,

Où le seul Dieu fut la Beauté,

Je vois, par lentes théories,

Prêtresses des dieux abolis,

Des vierges au front ceint de lys...

C'est le jour de Pâques fleuries!