Solitude
M. d'Ollone
Étrange est la musique aux derniers soirs d'automne
Quand vers Rovéréa, solitaire, j'entends
Craquer l'orme nouveau et mugir les autans
Dans le feuillage mort qui roule et tourbillonne.
Mais qu'est-ce si déjà, sous la même couronne
De ces bois toujours verts, et sur les mêmes bancs,
On eut, soir et matin, la douceur des printemps
Auprès d'un cœur ami de qui l'absence étonne?
Reviens donc, ô Printemps! Renais feuillage aimé!
Mois des zéphyrs, accours! chante, chanson de mai:
Mais triste tu seras, mais presque désolée,
Si ne revient aussi, charme de ta saison,
Printemps de ton printemps, rayon de ton rayon,
Celle qui de ces bois bien loin s'en est allée!