Les lucioles

M. de Reiset

En Italie on voit dans l'ombre

Des étoiles de diamant,

Qui sous l'herbe éclosent sans nombre

Et font du gazon triste et sombre

Un firmament!

Feux follets, seriez-vous de grâce

De ces esprits, frères des morts,

Qui la nuit errent dans l'espace

En attendant que Dieu leur fasse

Présent d'un corps?

Comme un œil volant qui scintille

J'en vois là-bas un plus doré

S'approcher de mon front, qui brille;

Serait-ce l'âme de la fille,

Qu'un jour j'aurai?

Sylphe d'amour et da lumière,

Qui voltiges en m'éclairant,

Serais-tu l'âme de ma mère,

Qui chaque soir vient sur la terre,

Voir son enfant?

Si je meurs, je veux t'apparaître,

O toi que je ne nomme pas,

Luciole d'or, à ta fenêtre,

Et sous cette forme peut-être

Tu m'aimeras!