L'Étoile

M. Dentu

Pèlerine des cieux

En éternel voyage,

Étoile, dont l'image

Se dérobe à mes yeux;

Qui te pousse en l'espace

D'une si vive ardeur

Et fait de ta lueur

Un feu follet qui passe?

Bien doux il me serait

De te revoir encore,

Doux astre que j'implore

Et vois fuir à regret;

Car mon âme alanguie,

Chaque soir dans les cieux,

Aimerait à tes feux

Reprendre un peu de vie.

Mais qu'est-ce que le vent

D'une bouche mortelle,

Pour retenir près d'elle

Ton doux globe mouvant!

Oh! qu'est-ce que mon âme

Et tout son vain plaisir

Près du noble désir

Qui te ment et t'enflamme!

Va, poursuis ton destin,

O fille de lumière!

Abandonne la terre

Pour un sort plus divin.

Vers l'essence éternelle

Hâte-toi de courir,

Afin de devenir

De plus belle en plus belle.