Cheïla
M. Perez
Cheïla regardait s'éloigner la caravane
qui emmenait les vendeurs de parures,
et ses yeux étaient remplis de larmes.
– Elle reviendra, -lui dis-je.
Alors, sans doute, seras-tu riche
et les vendeurs de parures auront toujours des colliers et des bracelets.
Je ne pense ni à des bracelets ni à des colliers, me répondit Cheïla,
mais aux baisers que m'a donnés un jeune homme de la caravane.
Quand elle reviendra, lui dis-je encore,
d'autres jeunes hommes auront baisé tes lèvres et seront repartis.
Ne demande pas à l'amour de durer plus que le plaisir.
Aime sans songer à demain,
car demain se cache derrière un voile dont les amants heureux
ne voient que sa couleur d'aurore. –Ainsi, – fit Cheïla,
c'est vrai ton amie t'a abandonné. Je l'avais entendu raconter.
Et son visage s'éclaira d'un sourire.