À un amant
Maud Laurent
Amant abandonné qu'une maîtresse oublie,
Pourquoi ce poing fermé que tu montres aux cieux?
Pourquoi ce pli profond dans ton front soucieux
Et ce regard où brûle und ardeur de folie?
Pourquoi ce désespoir? Parcequ'elle est jolie,
Parcequ'en caressant son corps délicieux,
En respirant sa bouche, en admirant ses yeux,
Tu trouvais un remède à ta mélancolie?
Tu pâlis en songeant à l'odeur de sa chair;
Son visage est toujours le seul qui te soit cher;
De tout autre, aussitôt blasé, tu te dégoûtes.
Va! tu me fais pitié, triste martyr d'amour.
La vie est un éclair, la beauté dure un jour!
Songe aux têtes de morts qui se ressemblent toutes.